D.R.
À MONTE-CARLO
L'expérience de juré n'est pas une première pour Pierre Vaneck. «C'est surtout une question de disponibilité, mais je trouve intéressant de voir des films de tous les pays. Et puis, les films sélectionnés ici ne sont pas des productions courantes, ce sont des films de prestige pour la plupart, qui ont bénéficié de plus de moyens et qui sont aussi moins consensuels.»
Ce qui ne leur assure pas pour autant une diffusion ultérieure... «C'est vrai que certains ne seront pas diffusés ou alors à des heures tardives. Les diffuseurs ont tendance à établir arbitrairement le goût moyen du public, mais si on s'adressait aux téléspectateurs personnellement, on aurait une toute autre vision de ce qu'ils attendent vraiment.»
La famille Vaneck est bien représentée à Monte-Carlo cette année, puisque sa petite-fille, Aurélie Vaneck (Ninon dans la série), y a fait une apparition remarquée, lundi, pour fêter le succès du feuilleton de France 3 «Plus belle la vie».
«Ça fait un mois que je sais que je ferai partie du jury. J'ai très vite su que je la verrais dans l'exercice de ses fonctions, mais je n'ai pas besoin de venir ici pour voir ma petite-fille, précise-t-il en souriant. Je n'ai pas été étonné par sa volonté de devenir comédienne parce que cela fait deux ans qu'elle prend des cours. Je ne lui donne pas de conseils car c'est plus difficile qu'on ne le croit de conseiller. Et puis, les jeunes doivent moudre leur propre grain, forger leur propre expérience comme nous l'avons fait avant eux.»
Peu «conseilleur», Pierre Vaneck avoue qu'il regarde de temps en temps Aurélie, même si «Plus belle la vie» «n'est pas sa tasse de thé. Mais il faut reconnaître qu'ils font un travail considérable dans des conditions difficiles. Vingt minutes mises en boîte par jour, ce n'est pas rien, c'est normal que ce soit parfois bien, parfois moins.»
Même si les tournages de leur série respective sont localisés dans la même ville, le grand-père ne «hante» pas le plateau où travaille sa petite-fille. «J'ai tourné un Fabien Cosma en janvier. Nous étions dans deux studios voisins à Marseille. On s'est vus le soir et on a dîné ensemble.» A raison de quatre épisodes par an, Pierre Vaneck retrouve avec plaisir son rôle de père de «Fabien Cosma». «C'est un personnage attachant auquel je tiens depuis quelques années maintenant.» Une longévité et un processus de production plus élaboré qui lui permettent de davantage s'impliquer dans l'aventure. «L'équipe prête attention à ce que nous suggérons au cours des lectures car comme les scénaristes changent à chaque épisode, nous avons davantage le fil des personnages qu'eux.»
Acteur de théâtre avant tout (Giono, Shakespeare, Johnson) Pierre Vaneck partira à la rentrée en tournée avec la pièce de Thomas Bernhard «Déjeuner chez Wittgenstein», qu'il a déjà défendue à Paris. Une tournée de trois mois en «terre francophone» qui passera sans doute par Bruxelles. «J'ai joué des tas de rôles au théâtre, mais je n'avais jamais joué Bernhard qui est pourtant un grand auteur contemporain. Le théâtre classique est ce qui m'a nourri mais, aujourd'hui, je joue plus souvent du contemporain. Il y a pourtant un rôle classique dont je me rapproche de plus en plus ( silence... sourire énigmatique ). Celui du roi Lear, question d'âge... Y a-t-il un rôle que je désire vraiment? Peut-être qu'il s'écrit en ce moment (sourire). Souvent les projets sont plus intéressants au théâtre que les scénarios de télévision. Mais c'est toujours une question d'envie à la première lecture.»
© La Libre Belgique 2005